Qu’est-ce qui vous a poussé à créer Piquet Design ?
Après une association de près de 20 ans dans une agence,
j’aspirais à créer une structure plus personnelle qui me permette de développer ma conception du métier dans la plus grande liberté possible. Le fait d’utiliser mon nom pour l’enseigne traduit cette volonté d’engagement personnel qui m’oblige.
Combien de personnes travaillent dans votre agence ?
Et quels sont leurs champs de compétences?
Nous sommes quatre «permanents» au sein de l’agence.
Je m’occupe de la direction de création et de la relation clients
et du pilotage des projets. Archibald est directeur artistique, Jean-Christophe est directeur artistique spécialisé dans les
nouveaux médias, Laurence est responsable du suivi
de fabrication, de la relation fournisseur et de l’administratif
en général. Pour les projets qui le nécessitent, nous avons
recours à des freelances externes qui ont l’habitude de travailler
avec nous (conception rédactionnelle, programmation,
conseil & stratégie, opérateurs vidéo).
À quoi ressemble une journée de travail?
Je dirais d’abord, et c’est ce qui rend ma passion intacte pour
ce métier, qu’aucune journée ne ressemble à une autre. Ensuite, il y a évidemment des moments récurrents : réunions planning, briefs, analyses… Les visiteurs nous font souvent remarquer qu’il règne une atmosphère plutôt bénédictine, ce qui me laisse songeur lorsque je pense à tous les moments de folie qui
ne manquent pas de perturber tout ce petit monde…
De quels secteurs proviennent vos clients? Et est-ce que leur nombre est en augmentation ou en diminution?
Nous sommes installés à Marseille, ville qui aspire à devenir
une grande métropole européenne, mais qui n’est pas encore
à ce stade. Il n’y a pas dans cette ville un nombre incalculable de grands annonceurs. Néanmoins nous avons réussi à fidéliser certains d’entre eux, secteur alimentaire, industriel, services, culture et public.
Avez-vous une philosophie spécifique ?
Le terme philosophie ne me convient pas car il sous-entend
une observation d’un ensemble de règles plutôt contraignantes.
Je préfère parler de principes, respect de la demande du client, respect de certaines convictions en matière de design graphique, d’éthique en matière commerciale et entrepreneuriale,
le résumé pourrait être souplesse et convictions...
Qu’est-ce qui fait la différence entre un petit studio
et une grande agence ?
Je ne pense pas que la qualité dépende de la taille. Sans tomber dans le «small is beautiful» ou les poncifs de meilleure écoute, meilleure réactivité etc, je pense que notre agence est tout simplement adaptée aux réalités de notre métier en province.
Quels avantages et désavantages par rapport
à une grande agence?
Plus de liberté, une relation moins conditionnée par toutes
les contraintes d’une grosse structure, ce qui n’empêche pas
un travail conduit dans un cadre organisé, planifié et évalué.
Quel est votre avis sur le futur des petites agences ?
Est-ce qu’elles n’ont pas d’autre choix que
de se développer?
Si le développement est une des conditions de survie des
entreprises en général, un studio de design graphique
n’a pas forcément vocation à se développer. Le marché est très fluctuant et la commande n’est pas toujours réccurente ce qui pose de nombreux problèmes, notamment dans la gestion des effectifs. Notre notion de développement se situerait plutôt dans le domaine qualitatif, c’est à dire faire converger notre exigence créative vers de nouveaux clients très demandeurs en ce sens.
Décrivez vos projets pour les 5 prochaines années.
J’éprouve pas mal de difficultés à me projeter si loin. Mais
pour les années à venir, notre investissement formation est essentiellement tourné vers les nouveaux médias en termes
de design, d’ergonomie, d’interface homme/machine etc.
De nouveaux clients sensibles à la qualité graphique, au sens de toute communication et qui considèrent comme nous que
le design n’est pas une dépense, mais un investissement.